Croix-Rouge Française (CRF)

Consultance (Mission D'évaluation - Renforcement Des Capacités De La Croix-rouge Centrafricaine Dans La Lutte Contre Les VSBG)

Croix-Rouge Française (CRF)

Job Description

Contexte et justification

1.1 Contexte pays – République Centrafricaine

Pays enclavé frontalier du Cameroun, du Tchad, du Soudan, du Sud-Soudan, de la République démocratique du Congo et du Congo-Brazzaville, la République Centrafricaine (RCA) couvre une superficie de 623 000 Km2 et compte environ 5 256 628 habitants en 2018.

La répartition par sexe montre que les femmes représentent (50,2 %) de la population totale et 37,9% de la population vit en milieu urbain, pour 62,10% en milieu rural.

Suivant le rapport du PNUD sur l’Indice de Développement Humain (2016) ; la RCA est classée 54ème pays africain et 188ème au rang mondial.

Le revenu national brut par habitant est de 600$ internationaux (PPA, 2013), l’espérance de vie à la naissance h/f est de 52/54 (en 2016), et les dépenses totales consacrées à la santé représentent 4,2% du PIB.

En République Centrafricaine, la dépendance économique est un outil de domination des hommes sur les femmes. L’homme détient généralement le contrôle sur les biens et ressources des femmes, même lorsqu’elles exercent une activité économique. La pauvreté, qui est quasi généralisée, créée des conditions particulièrement précaires pour l’autonomisation des femmes. La confiscation des biens et des ressources des ménages par la force, par les hommes des groupes armés ou civils, la privation des droits, des ressources, de la nourriture sont enregistrées dans toutes les communautés et constituent une réelle violence économique dont les femmes sont les premières victimes.

Les conflits interpersonnels ou communautaires, les rébellions (conflit armé), les abus d’autorité, l’usage de la drogue, l’abus de l’alcool, l’analphabétisme, les pesanteurs socioculturelles et l’ignorance sont généralement cités comme facteurs d’émergence ou d’aggravation des Violences Basées sur le Genre. Les conflits importants en République Centrafricaine ont occasionné des déplacements massifs de population et la dégradation des tissus économiques et de la bonne cohésion sociale intercommunautaire dans le pays. Le taux de pauvreté a atteint un niveau inédit majoré par la marginalisation des femmes et des personnes en situation de handicap.

Les femmes constituent une catégorie de personnes marginalisées et les filles ne sont pas considérées prioritaires pour la scolarisation.

Cette situation de pauvreté généralisée constitue un obstacle majeur à l’amélioration des conditions de vie en général.

1.2 Contexte – Les Violences Sexuelles Basées sur le Genre

Deux millions de personnes en RCA ont des besoins de protection dont 1.07 million ont des besoins dans le domaine des VSBG. Sur les 1 389 violations des droits de l'homme enregistrées entre août 2018 et juillet 2019, 95% ont été perpétrées par des groupes armés et 5% par des acteurs étatiques. Les principaux types de violations des droits de l'homme signalés semblent être les violations du droit à l'intégrité physique et mentale, du droit à la vie, du droit à la liberté et à l'intégrité de la personne, ainsi que des violences sexuelles liées aux conflits. La violence sexuelle liée aux conflits est une préoccupation majeure qui reste largement sous-déclarée avec uniquement 39% de victimes qui expriment avoir porté plainte. En effet, de janvier à août 2018, 5 733 cas de violences basées sur le genre (VBG) ont été enregistrées dans le Gender-Based Violence Information Management System (GBVIMS), dont 21% de violences sexuelles. La violence domestique est fortement répandue en République Centrafricaine. 30% des femmes ont subi des violences physiques et sexuelles de la part d’un partenaire, et 57% des auteurs des VSBG rapportées sur GBVIMS en 2018 étaient des partenaires ou ex-partenaires. Par ailleurs, les auteurs présumés de 38% des cas de VSBG rapportés étaient membres de groupes armés, et 1% issus des Nations Unies et ONG.

Plusieurs menaces et risques de protection ont un impact direct sur la situation de protection : de janvier à août 2019, les acteurs de monitoring de protection ont rapporté en moyenne 539 incidents de protection par mois dans 31 sous-préfectures. Les VBG représentent 45% des cas au cours des deuxième et troisième trimestres 2019. Plusieurs acteurs ont ainsi noté une augmentation substantielle des cas de VBG, notamment les violences sexuelles, durant le mouvement des transhumants dans la Nanagribizi, l’Ouham et la Bamingui-Bangoran.

La population de la RCA, notamment les femmes et les filles, souffrent des conséquences désastreuses des VBG dont sont victimes de nombreuses personnes au sein des communautés. L’impact néfaste des VBG sur la vie des personnes survivantes est renforcé par la structure sociale caractérisée par une inégalité dans les responsabilités, les rôles et les opportunités entre les hommes et les femmes, donnant plus de pouvoir aux hommes. La violence est souvent associée à des actes graves de VBG. Les femmes, les filles, les hommes et les garçons affectés par la crise sont tous exposés à diverses formes de vulnérabilité du fait de l’insécurité, de la dislocation familiale, de la perte des moyens de subsistance et de l’emploi, de la perte des biens, et du fait des déplacements. De nombreux rapports qualitatifs soulignent que les VBG, y compris la violence sexuelle, sont répandues en RCA. Ceci est étayé par les données du GBVIMS, qui montrent que sur tous les incidents signalés de janvier à juillet 2019, 20% constituaient des incidents de viol et 4% des agressions sexuelles. Les femmes représentent 92% des cas d'incidents. 29% des incidents signalés touchaient des Personnes Déplacées Internes (PDI).

Les femmes et les filles sont les plus affectées par les VBG, en partie à cause des facteurs sous-jacents tels que leur faible pouvoir de décision, leur dépendance financière vis-à-vis des hommes traditionnellement considéré comme chef de famille, et l’inégal accès au contrôle des ressources, tels que l’accès à la terre et à la propriété, le contrôle du budget familial, la liberté de parole et de mouvement, ainsi que la liberté de faire des choix à toutes les étapes de leur vie. Par ailleurs, elles continuent de subir des discriminations liées aux coutumes, aux traditions et aux actes de banditisme.

L’absence de revenus ou d’approvisionnement basique augmente le risque de violence et d’exploitation à l’encontre des femmes et des filles vivant avec un handicap. Dans certains cas, les faits peuvent même être commis par des prestataires de service ou des membres de la communauté (cas d’exploitation et d’abus sexuels). Cette situation peut également avoir pour effet d’augmenter les risques de violence et d’exploitation par les conjoints, et de réduire ainsi la capacité des victimes à sortir d’une relation violente du fait de leur dépendance. Les femmes peuvent en effet se retrouver dans des situations délicates qui les exposent particulièrement à la vulnérabilité. Par exemple lorsqu’elles sont jeunes avec des grossesses précoces ou issues de viol, ou si elles sont divorcées, célibataires avec des enfants, veuves, sans emploi, âgées, avec handicap ou femme au foyer. Les femmes et les filles vivant avec un handicap, par exemple, peuvent être laissées pour compte lorsque des groupes armés attaquent leurs localités, les rendant ainsi plus vulnérables et exposées à un risque élevé de VBG. Du fait de la stigmatisation, du rejet, de la dépendance aux autres, de la mobilité réduite et/ou de l’incapacité mentale, les personnes survivantes vivant avec un handicap souffrent de l’inégal accès aux ressources et aux opportunités.

Dans de nombreux cas, les personnes survivantes craignent de se manifester par peur d’être stigmatisées mais aussi en raison des risques de représailles du fait de la faiblesse du système judiciaire ; ce qui conduit à de graves répercussions sur leur santé mentale et leur bien-être. Par ailleurs, certaines zones de la RCA n’ont pas de services disponibles gratuits de prise en charge médicale et psychosociale à proximité pour assurer la prise en charge des cas de VBG. La population centrafricaine est consciente de la menace des VBG, y compris la violence sexuelle. Elle a exprimé cette inquiétude lors de plusieurs discussions de groupe dans des sous-préfectures affectées. Cette information est corroborée par les résultats de la MSNA conduite en juillet-août 2019 qui montre qu’un tiers des ménages interrogés a déclaré craindre les violences sexuelles pour les femmes et les filles de leur ménage (37% et 33% respectivement). Les systèmes de justice traditionnelle ne conviennent pas toujours aux victimes : les femmes et les filles pourraient être forcées d'épouser leur violeur. Les personnes survivantes de VBG ont besoin de cadre de soutien social, économique, sécurité, Psychosocial, médical et légale pour leur rétablissement et réinsertion socio-économique – ceci est aussi un besoin essentiel et un gap dans la réponse actuelle.

Les facteurs de risques et les menaces pour la protection des enfants sont multiples et incluent les VBG et les violations récurrentes liées à certaines pratiques néfastes, telles que l’accusation de la sorcellerie, le mariage précoce, ou les mutilations génitales féminines (MGF). En effet, environ 24% des filles et femmes de 15 à 49 ans ont été victimes de MGF. Le recrutement des enfants est une crainte majeure pour un ménage sur quatre en RCA : plus de 30% de ces enfants sont des filles, qui sont souvent utilisées à des fins domestiques et sexuelles. Les VBG dont les filles sont victimes sont une source d’inquiétude pour 50% des ménages en RCA. Ce pourcentage grimpe à 61% pour les ménages de PDI vivant sur les sites, qui semblent être le groupe de population le plus exposé aux VBG. Ce risque se reflète aussi dans le fait que plus de 20 000 ménages en RCA aimeraient savoir comment obtenir de l'aide ou du soutien après avoir été victime de violences sexuelles. L’ampleur des abus sexuels rend souvent la prise en charge des enfants survivants complexe. Elle nécessite une attention spécifique à la dimension des VBG dans toutes les activités de réinsertion socio-économiques.

Dans un contexte de présence très faible des autorités, y compris des forces de sécurité et de défense dans plusieurs sous-préfectures prioritaires affectées, les personnes en besoin de protection font souvent recours aux mécanismes de protection communautaire pour leur autoprotection et pour chercher une première réponse de protection localement. Selon les résultats MSNA, 12% des ménages ont déclaré ne pas avoir accès ou ne pas avoir connaissance d’un mécanisme communautaire de protection à distance de marche auquel rapporter leurs problèmes de protection.

La pandémie de Covid-19 et les restrictions sanitaires qui ont dû être appliquées ont également eu un impact négatif sur les violences basées sur le genre puisque celles-ci ont augmenté de près de 70% depuis le début de la pandémie. Les violences envers les femmes et les enfants ont augmenté de 69%, les viols ont connu une recrudescence de 27% depuis le mois d’avril 2020.

2 La Croix-Rouge française en République Centrafricaine

La Croix-Rouge française (CRf) est présente en RCA depuis 2004 et œuvre avec la Croix-Rouge centrafricaine (CRCA).

Aujourd’hui la CRCA dans son plan stratégique 2016-2020, souhaite accentuer la promotion du genre et de la diversité, la promotion de l’égalité citoyenne inclusive et les sensibilisations contre les VSBG.

Le projet présenté ici s’inscrit pleinement dans la Politique Nationale en matière de Genre et Equité, ainsi que dans la vision du plan stratégique de la CRCA qui vise à répondre à certains de ces objectifs.

La CRCA a déjà eu l’occasion de mener une évaluation de grande ampleur sur tout le territoire centrafricain en 2014-2015. Suite à une formation régionale à Abidjan en 2016, la Croix-Rouge britannique a appuyé la CRCA, dans l’implémentation d’une partie de son plan d’action en finançant son projet de prévention communautaire des VSBG à hauteur de £10 000 pour la période de novembre 2017 à avril 2018.

De plus un projet mené en partenariat avec la Croix-Rouge française avait permis de former 24 volontaires psychosociaux qui avaient reçu une formation spécifique sur les VSBG en octobre 2017. Ces volontaires interviennent au sein de 6 Formations sanitaires (FOSA) dans des quartiers sensibles et ont répertorié un nombre important de cas de VSBG. La Croix-Rouge britannique a ainsi fourni un financement (£10 000) et la Croix-Rouge française a fourni un soutien technique dans la gestion de projet dans le pays. Ainsi, le projet de prévention des VSBG basé sur la communauté a été élaboré et mis en œuvre de novembre 2017 à avril 2018.

Une évaluation d’impact de cette première phase du projet et des échanges réguliers avec des partenaires actifs dans la lutte contre les VSBG (gouvernementaux et non gouvernementaux) ont permis de récolter un certain nombre de données montrant les besoins et l’ampleur du phénomène des VSBG et la nécessité de renforcer l’information et la sensibilisation auprès des communautés.

1.1 Présentation synthétique du projet

Intitulé : « Renforcement des capacités de la Croix-Rouge centrafricaine dans la lutte contre les Violences Sexuelles et Basées sur le Genre en République Centrafricaine » Date de démarrage : 01/01/2020 Durée : 15 mois 31/12/2020 (+ no-cost extension jusqu’au 31 mars 2021) Budget : 91 000 GBP Objectif général :

Renforcer les capacités de la Croix-Rouge centrafricaine dans la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre.

Objectifs spécifiques et résultats attendus :

OS1. Renforcer les capacités de la Croix-Rouge centrafricaine pour lui permettre mener des actions de prévention des Violences Sexuelles et Basées sur le Genre (VSBG) adaptées.

Résultat 1.1 : Les capacités du siège de la CRCA sont renforcées pour appuyer ses différentes branches dans la mise en œuvre d’activités de prévention des violences sexuelles et basées sur le genre.

Résultat 1.2 : Six (6) comités locaux sont opérationnels et fonctionnels dans la lutte contre les VSBG spécifiques à leur contexte.

OS2. Assurer la mise en œuvre adaptée de la lutte contre les Violences Sexuelles et Basées sur le Genre (VSBG).

Résultat 2.1 : Six (6) CL sont appuyés pour organiser des activités de lutte contre les violences VSBG.** Résultat 2.2 : Six (6) CL appuyés mettent en œuvre des activités de lutte contre les VSBG.

Logique d’intervention

1.2 Cibles et bénéficiaires

Les bénéficiaires directs du projet sont les survivants des VSBG, les volontaires encadreurs et sensibilisateurs, les responsables des cellules genres des comités locaux, les membres de la gouvernance locale, les auditeurs de la Radio Ndeke Luka de Bangui et environs, la voie de la Kemo de Sibut, la Radio SONGO de Mbaïki, les élèves et étudiants, les jeunes et les conducteurs de taxi-motos, les leaders communautaires et les membres de la communauté.

Les bénéficiaires indirects sont les ménages et l’entourage des personnes ayant bénéficié des formations et sensibilisations (de proximité, de masse, radiophonique et les causeries éducatives), ainsi que d’autres volontaires non investis directement dans ce projet, mais qui bénéficieront de restitutions des autres volontaires formés.

1.3 Partenaires locaux impliqués

  • La Croix-Rouge française vient en appui technique dans la définition et rédaction de ce projet et assurera la transmission de l’enveloppe budgétaire à la CRCA et les rapports d’activités à la CRB.
  • La Croix-Rouge Britannique est le bailleur, et donne de l’appui technique VSBG et de suivi
  • Les autorités locales (chefs de quartiers et villages, les Maires des villes et sous-préfets) seront impliquées dans le processus de mise en œuvre du projet, en étant sensibilisées sur les causes et conséquences des VBG et le circuit de référencement des victimes. L’objectif est alors de les mobiliser dans la lutte contre les VSBG aux côtés de la CRCA et d’éviter qu’ils ne banalisent ou normalisent les cas de VSBG comme cela se pratique beaucoup (par ex : mariage de la victime d’un viol avec son agresseur). Ils seront également impliqués dans l’ensemble des étapes de mise en œuvre, en vue notamment de faciliter l’intervention des volontaires auprès des communautés de leur quartier.
  • Médecins du Monde-France, ALIMA, UNFPA, CRF, Association des Femmes Juristes, les cadres de l’UMIRR et les cadres des Ministères de la Promotion de l’action humanitaire et des affaires sociales faciliteront la formation des encadreurs et les tables rondes lors des émissions radiophoniques surtout à Bangui.
  • Inter-SOS sera impliqué dans le domaine de référencement des victimes des VSBG par les volontaires à Sibut et dans l’animation des émissions radios.
  • Tearfund, AFEB, COOPI et la CRS travailleront en appui à Mbaïki.

2 Objectifs et résultats attendus de l’évaluation

Cette évaluation finale vise à mesurer le niveau d’atteinte des objectifs spécifiques et des résultats attendus, et de déterminer l’impact du projet grâce à l’approche du changement le plus significatif.

Elle permettra d’évaluer au regard des objectifs fixés l’ensemble des activités menées dans le cadre du projet, de façon à examiner :
  • Leur adaptation et mise en œuvre et l’atteinte des principaux indicateurs
  • Leur pertinence, cohérence, efficience et efficacité,
  • Leur durabilité et impact potentiel.
L’évaluation devra ainsi permettre de documenter les activités réalisées et de mesurer les résultats obtenus par le projet en termes de renforcement des compétences de la CRCA, et dans le domaine de la lutte contre les VSBG par la CRCA.

L’évaluation devra donc également prendre en compte les évolutions contextuelles afin d’apprécier les résultats obtenus et leurs impacts à la lumière de la situation du pays et de la zone d’intervention, notamment dans les domaines de l’orientation et de la prise en charge des victimes de violences sexuelles et basées sur le genre (accès aux informations, prise en charge médicale, psychosocial, économique, etc.).

Ainsi, les objectifs spécifiques de la mission d’évaluation seront les suivants :
  • Apprécier tant qualitativement que quantitativement les actions accomplies sur le terrain et les résultats obtenus au regard des objectifs fixés ;
  • Formuler des recommandations sur la logique d’intervention à poursuivre au vu du contexte, des problèmes et besoins, faiblesses et capacités des différentes parties prenantes.
La stratégie d'évaluation se concentrera sur les deux objectifs spécifiques du projet : augmenter la capacité du CRCA en matière de programmation de la violence sexuelle et sexiste, et sensibiliser les communautés à la violence sexuelle et sexiste.

Pour l'objectif 1 correspondant au renforcement des capacités de la CRCA dans la programmation de la violence sexuelle et sexiste, l'approche principale attendue est une évaluation qualitative des changements dans la capacité organisationnelle que le projet a apportés. Cela pourra se faire par le biais d'une évaluation qualitative impliquant des témoignages de changements observés, l’identification des changements les plus significatifs au travers des entretiens avec les volontaires et le personnel, avec la possibilité d'inclure une méthodologie de vidéo participative. Cette évaluation posera notamment les questions suivantes
  • Quels ont été les changements significatifs dans la capacité organisationnelle en matière de VSBG au cours de l'année dernière ?
  • Dans quelle mesure et comment le projet a-t-il contribué à ces changements ?
Pour l'objectif 2, concernant la sensibilisation accrue des communautés à la VSBG, une approche qualitative est particulièrement attendue, afin d’évaluer les impacts du projet en identifiant les changements significatifs dans les communautés cibles. Comme pour l'objectif organisationnel décrit ci-dessus, cela se fera par le biais d'études de cas décrivant les éventuels changements et impacts, des entretiens avec les membres des communautés ciblées et d'autres parties prenantes. Cette évaluation cherchera à comprendre :
  • Quels ont été les changements significatifs dans la vie des participants au projet au cours de l'année écoulée ?
  • Dans quelle mesure et comment le projet a-t-il contribué à ces changements ?
  • Quelles différences dans les changements peuvent être identifiées parmi les différents participants (par exemple entre les hommes, les femmes, les personnes âgées, les jeunes, les zones géographiques) ainsi qu'entre les groupes cibles spécifiques (tels que les chefs communautaires, les chefs religieux ou tribaux, les enseignants, les sages-femmes, etc) ?
  • Le projet a-t-il contribué à des changements négatifs ?
Il est à noter que le projet a été fortement affecté par le contexte Covid, les mesures de prévention que la pandémie a entrainées, ainsi que les conséquences possibles de ces mesures sur les violences. Il sera important de prendre cet élément en considération dans l’ensemble des analyses. Il s’agira notamment de documenter les impacts de cette pandémie sur le contexte, la manière dont la CRCA a adapté les activités, en quoi ce contexte a contribué à apporter de nouvelles compétences, le cas échéant, à la CRCA, etc.

Le projet devra être évalué selon la méthode du changement le plus significatif.

L’analyse débouchera sur des recommandations pour améliorer chacun des critères présentés. Un plan d'action correspondant à chaque recommandation doit être proposé dans le rapport d’évaluation.

L'évaluation devra en outre donner des réponses aux questions d’analyse suivantes : 1. Pertinence et cohérence des activités mises en œuvre par rapport à la stratégie utilisée, aux objectifs du projet, et par rapport aux autres acteurs
  • Les objectifs du projet sont-ils pertinents et adaptés aux besoins de la Croix Rouge Centrafricaine ? des populations cibles ?
  • Les activités menées sont-elles cohérentes avec les résultats attendus ?
  • Les indicateurs choisis sont-ils pertinents et permettent-ils de suivre l’évolution du projet et l’atteinte des objectifs ?
  • Le projet est-il cohérent avec : Les priorités politiques nationales et régionales et l’implication des autorités sectorielles ? / La stratégie de la Croix-Rouge centrafricaine ?
2. Efficacité des activités en termes qualitatifs et quantitatifs
  • Les besoins identifiés ont-ils été couverts ? D’autres besoins ont-ils été identifiés au cours de la mise en œuvre ?
  • En vue d’atteindre les objectifs du projet, comment les activités ont-elles été menées suite au contexte changeant de la zone d’intervention ?
  • Le projet a-t-il permis le renforcement des capacités des Comités Locaux la CRCA ciblés ? Ces Comités Locaux sont-ils opérationnels et fonctionnels ? Des activités de sensibilisation et lutte contre les VSBG ont-elles pu être mises en place ?
  • Quels sont les facteurs externes qui ont contribué à l’atteinte ou non des résultats ?
  • Quelles sont les principales difficultés rencontrées et lesquelles en sont les causes?
Efficience

  • Dans quelle mesure les ressources (financières, humaines et informationnelles) investies dans le cadre de la mise en œuvre du projet ont-elles été utilisées de manière optimale au regard des résultats atteints?
  • Les ressources étaient-elles suffisantes par rapport aux résultats atteints?
  • Le projet a-t-il été géré de manière efficiente ?
  • Les méthodes choisies pour l’exécution ont-elles permis d’atteindre les résultats attendus ?
Impact du projet

  • Quels sont les effets positifs et négatifs du projet au niveau du secteur, de la région, des communautés, des ménages ?
  • Quels sont les possibles effets positifs et/ou négatifs au-delà du projet ?
  • Dans quelle mesure ce projet devrait-il être étendu à d’autres zones ou d’autres activités ?
  • Les formations et l’implication des différents acteurs peuvent-ils suffire à répliquer et/ou améliorer l’action ?
Durabilité de l'intervention

  • Quelles sont les perspectives de prise en charge de la thématique par les institutions compétentes et par la communauté (redevabilité)
  • Quel est le niveau d’appropriation du projet par les acteurs (CRCA, population, autorités locales du secteur) ?
  • Quels sont les potentialités pour une transition vers une autonomisation de la CRCA ?
Les réponses à ces questions permettront de :
  • Saisir les réalités opérationnelles et les différentes réalisations du projet : inventorier toutes les réalisations du projet ; déterminer avec des indicateurs mesurables leur niveau d’atteinte respectif par rapport aux objectifs fixés initialement, notamment ceux identifiés dans le cadre logique ; évaluer le projet suivant les critères classiques de pertinence, cohérence, efficacité, effets et impact, et durabilité/viabilité.
  • Apprécier l’approche : apprécier les méthodes de travail et les stratégies d’approche lors de la mise en œuvre de chaque activité, la qualité de collaboration avec les services étatiques.
  • Capitaliser les acquis par bénéficiaire : identifier et analyser les principaux acquis et principales difficultés selon les principales catégories de bénéficiaires
  • Évaluer les performances du projet par rapport aux réalités de son environnement : comprendre la situation du projet par rapport au contexte de la zone d’intervention.
  • Tirer des leçons apprises : tirer des enseignements à caractère opérationnel et général par rapport aux dispositifs du projet mis en place, à la spécificité de l’approche intégrée, et aux instruments utilisés.
  • Analyser particulièrement la plus-value apportée par le mouvement Croix-Rouge sur ce type de projet et les éléments intéressants à capitaliser.
  • Fournir des recommandations opérationnelles, générales et réalistes par rapport aux zones d’intervention, considérant la suite de l’intervention. Ces recommandations seront développées en ce qui concerne notamment les stratégies futures, comme par exemple le passage au recouvrement des coûts sous une approche de financement basé sur l’achat des performances.

3 Méthodologie Proposée

L’évaluateur.rice est libre de proposer sa propre méthodologie dans son offre technique, mais il est suggéré que la consultance suive la méthode du changement le plus significatif et soit organisée en quatre temps : 1. Préparation

  • Prise de connaissance des documents et de la littérature disponible pour permettre une bonne compréhension du projet et du contexte dans lequel se déroule le projet.
  • Briefing avec le siège à distance ou en présentiel - mise à disposition des documents projets
  • Circonscription du champ d’évaluation, approbation du plan de travail d’évaluation avec l’équipe de pilotage de l’évaluation sur le terrain, définition précise des domaines de changement.
  • Reconstitution de la logique d’intervention du programme pour fournir à l’évaluateur les données et informations nécessaires à la réalisation du travail d’analyse et de synthèse
2. Visites de terrain & collecte de données (sur place ou à distance selon les possibilités)**
  • Entretien avec la CRB
  • Entretiens avec la Croix-Rouge centrafricaine à Bangui
  • Entretiens avec les équipes de la CRf en Centrafrique impliqués dans le projet (le responsable de délégation à Bangui, le Coordinateur des opérations, le coordinateur psychosocial, etc.)
  • Entretien avec les parties prenantes (ONG, bailleurs, etc.) concernés par ces thématiques
  • Un échantillon sur les zones du projet devra également être défini en lien avec l’équipe projet pour la collecte des témoignages (volontaires de la CRCA, bénéficiaires des activités…)
  • Le cas échéant et selon les possibilités et la pertinence, collecte de données quantitative
3. Analyse et évaluation

Cette étape sera guidée par les données et informations tirées des sources publiées, par l’information interne émanant des parties prenantes, des données et avis recueillis lors des entretiens. Les histoires les plus significatives seront sélectionnées et vérifiées. L’évaluateur.rice doit développer ses conclusions et recommandations en expliquant dans quelle mesure elles reposent sur les avis, des analyses ou des éléments objectifs et vérifiables.

Lorsque les avis recueillis lors des entretiens et des séances de travail en commun constituent la principale source d’information, l’évaluateur.rice précisera le degré de consensus observé et les procédures appliquées pour vérifier ces avis. Pour tout jugement d’ordre général porté en recourant aux critères d’évaluation, l’évaluateur.rice expliquera l’échelle de valeur utilisée.

4. Restitution

L’évaluateur organisera une réunion de restitution préliminaire avec les parties prenantes du projet à Bangui pour discuter de ses premières observations / analyses, ainsi qu’avec les représentants des sièges de la CRf et de la CRB (à distance).

4 Déroulement proposé pour cette évaluation

Lieu de la mission terrain : République Centrafricaine – Bangui (Mbaïki et Sibut si les zones sont accessibles) Durée totale suggérée : 25 jours Date de démarrage : la mission d’évaluation débutera au plus tard en mars 2021 Le planning de la mission d’évaluation sera proposé par le consultant en collaboration avec le terrain en fonction du nombre de jours validés pour l’évaluation. Documents de référence Documents de référence : En début de consultance, des documents seront transmis à l’évaluateur.trice afin de lui permettre de s’approprier le projet et de construire sa méthodologie , notamment les documents contractuels tels que : Proposition de projet, Cadre logique, Budget, Avenant et lettre d’information, Rapports intermédiaires.

5 Positionnement de l’évaluateur.rice

La CRf et la CRCA attachent une grande importance à l’évaluation de leurs activités humanitaires, et accordent une attention particulière à l’amélioration continue de l’efficacité de leurs opérations et l’utilisation judicieuse des fonds alloués. L’évaluateur.rice doit pouvoir apporter une réponse directe et précise à tous les points contenus dans les termes de référence tout en évitant l’usage d’un langage trop théorique ou académique.

Compte tenu du contexte sécuritaire, et à titre tout à fait exceptionnel, la mission d’évaluation sera placée sous l’autorité du chef de délégation de la CRf, en concertation avec le délégué sécurité, pour tous les aspects liés à la sécurité de la mission. Il est ainsi imposé à l’évaluateur d’utiliser les moyens de la CRf ou ceux loués par la CRf dans ce cadre, pour faciliter la mise en œuvre de cette évaluation finale et à des fins exclusives de garantie de sa sécurité. Ainsi, il sera mis à disposition de l’évaluateur.rice les moyens suivants :
  • Logement dans une Résidence CRf ou réservation d’hôtel par la CRf à Bangui ;
  • Bureaux de la CRf à Bangui ;
  • Véhicules CRf ou location de véhicule avec chauffeur par la CRf pour les déplacements à Bangui.
L’évaluateur.rice devra respecter le plan de sureté et sécurité et signer le code de conduite de la CRf en vigueur pendant sa mission.

L’évaluateur.rice travaillera en collaboration avec les personnes suivantes :
  • La responsable géographique du siège, considérée comme la responsable de la mission,
  • Les référents techniques du siège en Santé Mentale et Soutien Psychologique (SMPS), et Protection, Genre et Inclusion (PGI
  • Le chef de délégation à Bangui,
  • Le coordinateur SMPS/PGI à Bangui,
  • Les équipes techniques et opérationnelles CRf/CRCA,

6 Livrables / Produits attendus

Un rapport d’évaluation en version initiale sera soumis par l’évaluateur.rice, au plus tard 2 semaines après son retour de mission. La CRf procédera à une première lecture du rapport initial et apportera ses commentaires que l’évaluateur.rice prendra en compte avant de rendre la version finale de son rapport maximum une semaine après retours/commentaires de la CRf.

Finalité du rapport :
  • Présenter les conclusions de l’évaluateur.rice en réponse aux questions de l’évaluation figurant dans les termes de références (notamment les résultats atteints et perspectives sur la gouvernance et les effets positifs et négatifs du projet).
  • Présenter les recommandations opérationnelles établies à partir de l’analyse et des conclusions de l’évaluateur.rice.

6.1 Rapport intermédiaire

Un rapport intermédiaire sera proposé pour présenter, en amont de la rédaction du rapport final, les principales observations et analyses issues des données collectées.

Ce rapport pourra se présenter sous forme d’un PowerPoint et accompagné d’une présentation orale auprès des équipes de la CRF, de la CRCA et de la CRB (elle pourra être faite et présentiel et/ou à distance).

6.2 Rapport final :

Le rapport sera synthétique et permettra de comprendre :
  • La finalité et l’objet de l’évaluation,
  • Les modalités de conception et de conduite de l’évaluation,
  • Les éléments de preuve obtenus,
  • Les conclusions tirées de ces éléments de preuve,
  • Les recommandations et les enseignements découlant de ces conclusions.
La structure du rapport final sera composée de la manière suivante :
  • Une page de couverture mentionnant le nom de l’évaluateur, le titre du rapport, les emblèmes de la Croix Rouge française, de la Croix Rouge centrafricaine, de la Croix-Rouge britannique, les dates de l’évaluation et l’indication que le rapport a été produit à la demande de la Croix Rouge française et que l’exposé du rapport reflète strictement les opinions de l’évaluateur.
  • Une table des matières
  • Une liste d’abréviations/acronymes
  • Un résumé reprenant les principales conclusions et recommandations (2 pages max)
  • Un rapport narratif (20 pages max)
  • Une conclusion
  • Un tableau présentant les principales recommandations et des indications pour leur mise en œuvre
  • Les annexes techniques : elles contiendront les détails techniques de l’évaluation, ainsi que les termes de référence, les modèles de questionnaires, check liste et canevas d’entretiens, éventuels tableaux ou graphiques, les références et autres sources d’informations, la liste des personnes rencontrées.
Le rapport sera rédigé en français.

Une première version sera transmise aux équipes de la CRF et de la CRCA pour revue avant finalisation et transmission de la version finale.

Le rapport final sera soumis en version informatique et remis sous format papier strictement identique à la version finale au plus tard 1 semaine après les retours compilés du terrain et du siège de la CRF.

7 Profil de l’évaluateur.rice

Les principales compétences et qualités attendues sont les suivantes :
  • Expertise en évaluation, en termes d’expérience et de références
  • Expérience en évaluation et/ou écriture de projet avec une approche intégrée, notamment du renforcement des capacités et lutte contre les VSBG
  • Expérience confirmée en lutte contre les VSBG et connaissances solides sur le genre
  • Expérience en soutien psychosocial et en renforcement des capacités;
  • Solides expériences en méthode de collecte et d’exploitation des données qualitatives
  • Maîtrise des logiciels de traitement des données statistiques
  • Excellent esprit analytique et de synthèse et excellentes capacités rédactionnelles
  • Capacités de travail en équipe, diplomate et patient.e
  • Parfaite maitrise du français à l’oral et à l’écrit
  • La compréhension du Sango est un atout
  • Connaissance du Mouvement Croix Rouge et Croissant Rouge ;
  • Expérience à l’international, la connaissance de la Centrafrique est un plus.
La consultance sera réalisée par un.e ou plusieurs évaluateur.rice(s).

Il appartient à l’évaluateur.rice principal de proposer son équipe dans son offre technique. Dans le cas où l’évaluateur déciderait de composer une équipe, il devra alors fournir les éléments relatifs à l’ensemble des membres constituant l’équipe de consultance.

Procédure de sélection du consultant Les candidats intéressés devront soumettre une offre technique et financière incluant : Le CV du(des) consultant(s) spécifiant la formation initiale, les expériences similaires et une description des travaux réalisés.

Une proposition technique décrivant la méthodologie proposée, le plan de travail et les concepts d’analyse qui seront mobilisés. L’offre technique ne devra pas dépasser 4 pages.

Une Offre financière détaillée et libellée en EUROS et faisant apparaitre, à minima, les rubriques suivantes (une page) : Honoraires.

Transports internationaux.

Hébergement (uniquement dans le cas d’une contribution aux frais de vie et de nourriture dans les locaux de la CRf).

Autres dépenses (frais de visa, assurance, etc.) Les principaux critères d’évaluation des offres seront : La compréhension et l’interprétation des termes de références La méthodologie proposée au regard des objectifs à atteindre Le coût L’expérience du consultant (Les critères ne sont pas hiérarchisés, liste non exhaustive).

Merci d'adresser vos offres à Madame Mauranne Fulbert : mauranne.fulbert@croix-rouge.fr Clauses administratives Le soumissionnaire doit apporter la preuve au moment de la soumission de la régularité de son activité économique (documents fiscaux, immatriculation, inscription comme travailleur indépendant – en fonction du pays de référence où est établi le soumissionnaire).

Le prestataire doit seul fournir les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa prestation qu’ils soient matériels ou humains : billets d’avion, ordinateur, assurances en responsabilité civile professionnelle.

Il peut déléguer une partie de la mission, au sein de ses équipes, au collaborateur de son choix, mais il demeure la seule autorité hiérarchique et disciplinaire concernant ses salariés. Le prestataire doit assurer la sécurité, et à ce titre assurer les consultants envoyés en mission.

Lors de l’élaboration de la soumission, le prix indiqué de la prestation doit porter la mention “ferme, global, forfaitaire et définitif“.

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